Les cinq maquettes de Manonash
De Simple Silence.
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Eruch : Quand vint le jour suivant et que débuta le travail de Manonash, la ville était déjà au courant que le Premier ministre du Pakistan avait été assassiné. La colline où nous étions installés se trouve dans un lieu-dit qui s'appelle Khojagudda, où — cela va vous amuser — on gardait les eunuques sous le régimes des Moghols. Khoja signifie eunuque. Ils avaient besoin d'eunuques pour le harem du Palais d'été, qui avait été érigé non loin de cette colline. C'était un en endroit immense, et les femmes y passaient leur vacances d'été. C'était un lieu plaisant, avec une palmeraie. À cause de cette histoire, résidaient encore là de nombreux musulmans, et ces derniers ont immédiatement répandu la nouvelle que le chef du gouvernement Pakistanais avait été assassiné. Je m'en souviens encore, c'était le jour où nous avons débuté le travail sur la colline pour la période de Manonash. Nariman dit que le nom de cet homme assassiné était M. Liyakat Ali Khan.
Don : Eruch, revenons, si cela ne vous dérange pas, à la description des cinq différentes maquettes de temples.
Eruch : Baba nous avait demandé d'obtenir depuis Agra des représentations des cinq différentes religions suivantes : le bouddhisme, représenté par un temple bouddhiste, une mosquée qui représente les musulmans ; un temple hindou ; l'église des chrétiens ; et l'urne à feu dans le temple du feu des zoroastriens : l'agiyari.
Don : Il y en a donc quatre qui ont la forme d'un bâtiment, tandis que le cinquième est une forme symbolique.
Eruch : Oui, il est sculpté comme le récipient qui contient le feu. « Agiyari ». « Ag » veut dire feu, et « yari » veut dire amitié.
Don : Quand Baba vous a décrit comment il voulait que ces maquettes soient fabriquées, est-ce qu'il dit quoi que ce soit sur ce qu'il voulait en faire ?
Eruch : Non, rien du tout. Il m'a juste demandé d'obtenir les cinq maquettes représentant les cinq religions. Nous avons dû correspondre beaucoup à ce sujet. Nous voulions la maquette d'une église, donc le sculpteur devait avoir vu une église là-bas et en faire un modèle. Nous voulions un temple hindou, il fit donc un temple hindou typique. Il ne connaissait rien du temple du feu parsi, l'agiyari comme nous l'appelons. Nous avons dit :« Ne vous inquiétez pas là-dessus. Tout ce que nous voulons, c'est un récipient qui contient du feu », et nous lui avons donné un croquis, car personne n'est autorisé d'entrer dans les prémisses d'un temple du feu. Les zoroastriens n'autorisent personne.
Don : Mais ceux dont la foi est zoroastrienne sont autorisés à l'intérieur du temple, n'est-ce pas ?
Eruch : Non, même les zoroastriens pratiquants n'ont pas accès à l'intérieur du temple interne, sauf ceux qui sont des prêtres. Pas tous ne deviennent des prêtres en exercice, mais ceux qui en ont la qualification ont une sorte de permission. Comme Meherjee. Il n'est pas prêtre, mais il est de la classe des prêtres.
Don : Il peut donc entrer dans le temple intérieur ?
Eruch : S'il le veut, il le peut, mais seulement après avoir retiré ses vêtements occidentaux. Il porte alors une longue tunique, de longs pyjamas et un turban spécial, et il doit protéger sa bouche et son nez.
Don : Une question en ce qui concerne le temple hindou. La forme de temple hindou avec laquelle je suis le plus familier est celle du mont Kailash stylisé, sur lequel il y a un dôme plus élevé à l'arrière et une partie avant plus basse, du genre du temple de Kailash dans les grottes d'Ellora. Mais ce temple hindou n'a pas cette forme.
Eruch : Non, il ne l'a pas, car il existe plusieurs formes de temples hindous. Il n'existe pas de schéma strict. Il existe différents types de temples : des temples dédiés à Shiva, des temples dédiés à Ram et Krishna, et des temples dédiés à Jainmuni. Tous sont différents. Êtes-vous allé au Mont Abu ?
Don : Oui, vous vous rappelez peut-être que Baba m'avait suggéré d'y aller en 1962 pendant mes vacances.
Eruch : Vous y avez donc vu le temple jain, qui est bien différent de tous les autres temples, n'est-ce pas ?
Don : Largement différent.
Eruch : C'est cela le temple jain : entièrement réalisé en marbre. Les plans diffèrent. Mais ceux qui ont été sculptés pour Baba à Agra représente l'hindouisme, l'islam, le zoroastrisme, le bouddhisme et la christianisme. C'est tout ce que Baba voulait représenter.
Don : Seriez-vous capable de dire quoi que ce soit sur ce que Baba a fait de ces cinq maquettes pendant la période de Manonash, ou bien c'est quelque chose entre Baba et lui-même ?
Eruch : Tout ce que je peux dire, c'est qu'il m'a demandé de sortir ces maquettes de leur boîte et de les placer sur des étagères. Mais il n'y avait pas d'étagères dans la grotte, et il m'a donc demandé de les placer sur la corniche d'un rocher qui était là ; simplement côte à côte, c'est tout, et puis j'ai dû partir. Je ne sais pas ce qu'il a fait.
Don : Il était donc seul dans la grotte avec les maquettes.
Eruch : Oui, tout comme il était seul dans la cabine de Manonash à Meherazad avec les maquettes placées sur des étagères.
Don : Cela, c'est durant la période où vous avez dit qu'il avait fait descendre les deux cabines depuis Seclusion Hill, puis reconstruites en une seule, et qu'il est resté là pendant vous étiez au-dehors ?
Eruch : Oui. Je ne sais ce qu'il en a fait. Tout ce que je sais, c'est que j'ai dû les placer et quitter la pièce. Il fermait la porte, et ce qu'il en faisait, je l'ignore. Mais il faisait son travail avec ces symboles qui représentait les religions.
Don : Ce sont les cinq religions majeures, en ce qui concerne Baba ?
Eruch : Oui.
Don : Est-ce qu'il y a eu d'autres choses que Baba a faites pendant cette période de Manonash ? Vous dites que cet épisode de Hyderabad en particulier a eu lieu quarante jours environ avant son arrivée à Meherazad, et que les activités liées à la Vie nouvelle ont cessé. Vous dites que c'était une période de voyage qui se caractérisait entre autres par le fait que deviez voyager, et qu'elle s'est achevée quand vous êtes revenus à Meherazad ?
Eruch : Pas tout de suite après notre arrivée à Meherazad. Quand nous sommes revenus à Meherazad, Baba travailla encore plusieurs jours. Puis une nuit, il nous demanda d'allumer le feu du dhuni, et il brûla ce morceau de papier sur lequel étaient écrits ces mots que Baba avait dictés. J'ai considéré cela comme la fin de la phase de Manonash. Mais la Vie nouvelle est éternelle, comme Baba l'a dit. Même s'il n'y a personne pour la vivre, elle existera.
Don : Existait-il d'autres activités ou manières de passer la vie de tous les jours qui caractérisaient la période de Manonash ?
Eruch : Nous étions complètement séparés des compagnons de l'ancienne vie qui étaient à Meherazad. Baba également gardait ses activités complètement séparées des mandalis qui se trouvaient là. Même pour obtenir à manger ou à boire, nous n'avions aucun contact avec les mandalis de l'ancienne vie qui vivaient juste à côté de nous. Nous continuions notre vie complètement à l'écart d'eux. Dans la période de Manonash aussi, Baba était toujours un compagnon à notre égard. Par exemple, quand nous avons quitté Hyderabad, nous sommes venus à pied, et je me souviens comment Baba réagissait quand Gustadji devenait trop fatigué. Il regardait Gustadji, et sachant bien que Gustadji se fatiguait, il nous demandait de faire du stop pour qu'un camion nous emmène. Nous faisions donc du stop en direction des camions, et Baba et le reste d'entre nous, nous nous asseyions sur le chargement avec nos petits biens avec nous. Parfois Baba demandait de louer un char à bœuf pour transporter nos bagages sur une courte distance tandis que nous marchions. D'autres fois, il nous disait de monter sur le char à bœuf avec les bagages, et ainsi nous voyagions une courte distance. Puis, le jour suivant, nous continuions à marcher. De cette façon, il nous ramena de Hyderabad à Meherazad.
Don : Bien, Eruch, donc je comprends de ce que vous dites que sur le plan des apparences extérieures, la chose principale qui semblait caractériser la période de Manonash, c'était l'effort de Baba avec ces cinq maquettes.
Eruch : Oui, c'est tout à fait vrai. Extérieurement — pour nous —, il nous semblait que c'était cela les choses importantes. Mais je voudrais à nouveau insister sur le fait que nous n'avons jamais senti que nous étions en-dehors de la Vie nouvelle, même pendant la période de Manonash. C'était un aspect particulier de la Vie nouvelle, parce que les conditions générales étaient toujours les mêmes. Nous devions être ses compagnons. Il était notre compagnon. Nous devions obéir à toutes les sortes d'ordres qu'il donnait, quels qu'ils soient. Nous devions arborer un sourire enjoué et ne jamais montrer que nous étions peinés ou de mauvaise humeur. C'était contraire aux ordres de la Vie nouvelle. Toutes ces directives d'origine et ces ordres impératifs étaient toujours respectés.
Don : Vous avez dit que le début de la période de Manonash à la grotte de Hyderabad a eu lieu environ quarante jours avant de revenir à Meherazad. Combien de temps environ Baba a-t-il continué son travail de Manonash avant que le dhuni soit allumé à Meherazad ?
Eruch : Je ne me rappelle pas maintenant le nombre exact de jours, mais je peux dire que cela a dû durer environ une quinzaine de jours ou trois semaines.
Don : Donc, en tout, la période de Manonash a dû durer environ huit semaines ?
Eruch : Oui, en y incluant le voyage.
Don : En effet, le voyage constituait la plus grande partie de cette période. Il y a autre chose de curieux qui me frappe. En revenant à votre traduction littérale de Manonash comme l'annihilation de l'esprit : il me semble étrange qu'une période caractérisant l'annihilation de l'esprit soit centrée sur ces cinq maquettes, liées aux cinq grandes religions.
Eruch : Mais comme je vous ai dit, nous ne pouvons pas comprendre son travail pendant la période de Manonash. Les esprits de qui devaient être annihilés ? Qu'est-ce que c'était ? Tout ce à quoi je peux penser est qu'il a accéléré l'annihilation des esprits des véritables [[aspirant|disciples] qui aspiraient à cette annihilation.
Don : Est-ce que vous, les mandalis qui étiez avec lui, avez remarqué que certaines choses vous sont arrivées, à vos propres fonctions mentales ?
Eruch : Aucune. Nous étions si préoccupés à obéir et à mener à bien ses ordres et ses désirs que toutes ces choses restaient entièrement insignifiantes à notre égard. Les plus grandes des vérités spirituelles nous étaient également insignifiantes, parce que notre attention était entièrement centrée vers la personnalité de Baba et ses souhaits. Nous ne nous arrêtions pas à toutes choses. « Qu'est-ce qui se passe ? » « Qu'est-ce que c'est que tout cela ? » Nous devions le suivre, c'est tout.
Nous le suivions les yeux bandés, cachés de toute activité et de toute chose extérieure. Nous étions en plein dans tout cela, mais jamais nous n'y prêtions attention. Toute notre attention était centrée sur la recherche du plaisir de Baba — qu'il ne soit pas énervé par nous, qu'il ne nous exclue pas de la Vie nouvelle, mais nous garde comme ses compagnons — que nous ne devions pas lui déplaire d'aucune manière, parce qu'il y avait tant d'ordres à obéir, tant de choses à suivre. Tout le reste nous était insignifiant. Même quand Baba contactait ses masts et les pauvres pendant la Vie nouvelle, nous considérions tout cela comme un fait établi car une grande chose était présente : celle de savoir qu'il était notre compagnon dans la Vie nouvelle. Nous l'avions accepté comme le plus grand de touts, le Plus Haut des Hauts.
Copyright AMBPPCT, Ahmednagar, Maharashtra, Inde.
Pp. 14-19 du livre Tales from the New life.
