Le Livre (entretien DES Meherwan Jessawala)/fr

De Simple Silence.

Le Livre

Une entrevue avec Meherwan Jessawala

9 août 2003

Cet article est une transcription d’une interview, menée par Don E. Stevens et Laurent Weichberger, de Meherwan Jessawala (le frère d’Eruch Jessawala) à Meherazad, Inde, le samedi 9 août 2003. Lorsque nous mentionnons « le Livre », nous nous référons à ce livre que Meher Baba a écrit de sa propre main dans les années 1920 à Meherabad, Inde et qui est parfois aussi appelé « le Livre manquant ».

Ce qui suit est une introduction à cet article, écrite par Don Stevens le 19 janvier 2005.

Baba avait plusieurs façons de faire qui sont primordiales à savoir quand on manipule des matériaux qu’il a donnés au public, et qui doivent être à la base des avis que nous rendons sur les documents que nous sommes certains de trouver de temps en temps.

  1. Baba ne négligeait le moins du monde ni ce qu’il avait confié, ni ce qu’il avait fait de chaque œuvre et où il l’avait placée.
  2. Baba savait très longtemps à l’avance ce qu’il avait l’intention de faire de chaque travail qu’il avait confié.
  3. Quand je lui ai demandé, à la requête de Murshida Duce, s’il nous confierait l’édition et la publication du Livre, il ordonna à Eruch de le sortir d’une caisse qui se trouvait dans son bungalow à Meherazad, où nous étions à ce moment-là, de l’apporter et de me montrer le paquet enveloppé. Il m’indiqua que c’était le travail en question, et il dit que ce n’était pas le bon moment pour l’éditer et le publier. « Peut-être un de ces jours à l’avenir » furent ses mots exacts.
  4. Il m’est impensable que Mani puis Eruch permettent tous deux qu’une œuvre, qui à leur propre connaissance puisse être conçue comme étant le Livre, reste des années sans qu’on y prête attention. La longue tergiversation d’Eruch à propos de ce qui devait être fait du document trouvé parmi les papiers de Mani est une preuve significative pour moi qu’il savait qu’il n’y avait aucune possibilité pour qu’il soit le Livre manquant, ni même qu’il puisse être quoi que ce soit que Baba ait oublié et qui devrait être présenté au public.


[Le début de l’interview de Meherwan Jessawala couvrait certains aspects de la publication des Discours qui a donné lieu à la septième édition. Nous commençons la transcription maintenant, là où le sujet dévie sur la découverte et l’édition du travail qui est publié par Sheriar Foundation sous le titre Infinite Intelligence[1].]

Don E. Stevens (DES) : Maintenant vous vous occupez, si je comprends bien, vous et Ward Parks...

Meherwan Jessawala (MJ) : Oui.

DES : Et quelqu’un d’autre, je crois, de quelque part dans le Nord de l’Inde, a travaillé sur l’édition de ce manuscrit qui a été trouvé, je crois, après le décès de Mani.

MJ : Eh bien... le travail final de l’édition a été fait, ce sera intitulé Infinite Intelligence... J’ai raconté toute l’histoire, comment ces... ce travail est tombé entre nos mains.

DES : La raconteriez-vous à nouveau ?

MJ : Je vais vous la raconter... Et la voici... Tout est là maintenant, nous avons tout rendu absolument transparent, le livre en entier, et ce qui s’est passé, c’était qu’après que Baba avait quitté son corps, les mandali étaient allés à Guruprasad, pour le Great Darshan qui devait avoir lieu, et quand ils sont revenus de tout cela et s’étaient installés à Guruprasad, ils avaient un peu de temps, Eruch farfouillait dans l’appentis de derrière qui est maintenant devenu un appentis à grain.

DES : Oh, oh.

MJ : On l’utilisait pour la documentation de Baba et toutes ces choses étaient conservées dans des placards.

DES : Vous dites à Pune ?

MJ : A Meherazad.

DES : A Meherazad ?

MJ : C’est cela. Dans le bâtiment de derrière...

Laurent Weichberger (LW) : [à Don] Est-ce que vous comprenez le contexte ?

DES : Oui, tout à fait.

MJ : Un jour dans le...

DES : Juste après le...

MJ : Darshan.

DES : Le Darshan, d’accord.

MJ : Alors, nous avons personnellement inspecté cette pile de choses, et Bal Natu était arrivé entretemps. Ses vacances habituelles... Alors Eruch dit à Bal, « Aide-moi. Regarde s’il y a quoi que ce soit de très important dans tout cela, et si en tu trouves, apporte-les moi. » Il y avait beaucoup de choses, des piles de magazines et d’autres choses...

DES : Des choses mélangées...

MJ : Alors, Bal a regardé là-dedans, et parmi tout cela il est tombé sur un sac qui, je me rappelle, était dans un sac, dans un sac en cuir, et il l’a ouvert et a vu la chose, c’était un manuscrit, écrit très soigneusement. Il n’y avait pas de début, pas de paternité, c’était juste quelqu’un qui l’avait fait avec une écriture très soignée.

LW : Pas l’écriture de Meher Baba ?

MJ : Non, non, absolument pas... C’était donc là et il a considéré que c’était très important.

DES : Hmm, hmm.

MJ : Alors il a rassemblé tout ça et l’a apporté à Eruch. Et Eruch a dit : « C’est bien », et il a juste regardé à la hâte puis l’a mis de côté parce que des pélerins arrivaient et qu’il était très occupé. Puis je suis venu, parce que je venais chaque année pour l’anniversaire de Baba pendant un mois. Baba m’avait demandé de faire ça. Alors j’avais continué cette pratique. C’était donc en janvier 1970 ou quelque chose comme ça que je suis venu. Donc, j’étais venu. Ou bien c’était en 1971, je ne m’en souviens plus. Quand je suis arrivé un jour, Eruch me dit : « Viens ». Alors il m’a emmené dans sa cabine et a dit « Meherwan, jette un coup d’œil là-dessus. Ce sont des choses que nous avons trouvées. Jette juste un coup d’œil. Est-ce que tu penses que c’est ce Livre dont les gens n’arrêtent pas de nous ressasser l’histoire ? » Parce que...

DES : Hmm, hmm.

LW : Le Livre manquant.

MJ : Le Livre manquant. Parce que les gens (criaient à cor et à cri) : « Que s’est-il passé ? » et puis « Les mandali restent là et ne veulent pas le montrer » ; il y avait beaucoup de brouhaha.

LW : Vous dites alors qu’en 1971...

MJ : Probablement en 1970 ou 71...

LW : Mais à cette date, Eruch ne savait PAS où était le Livre manquant ?

MJ : Non.

LW : Hmm.

MJ : Personne ne sait.

DES : C’est possible... Je dois me manifester ici rapidement pour que vous sachiez...

MJ : Oui.

DES : ... exactement là où je suis apparu dans l’histoire avec Eruch. Je pense que c’était le jour qui suivit mon arrivée, en d’autres termes deux jours après que Baba avait quitté son corps. Je suis arrivé le jour d’après, et nous avions un petit peu de temps au calme, il n’y avait pas trop d’Occidentaux. Les gens de l’Inde n’avaient pas encore formé de queue, donc c’était calme, et j’ai soudain pensé – Mon Dieu, c’est certainement le moment de sortir le Livre, de l’éditer et de l’imprimer. Alors je l’ai dit à Eruch, qui m’a dit : « Seigneur, Don, tu as raison. C’est le moment. » Puis il a dit : « Le livre est dans un coffre à Bombay. Et c’est Elizabeth Patterson qui a la clé. » Ensuite, il dit : « Tu vas rentrer en Amérique. Dès que tu arrives, téléphone à Elizabeth Patterson et dis-lui de s’arranger pour que la clé soit apportée parce que nous devons le sortir du coffre de la banque à Bombay. » J’ai téléphoné à Elizabeth Patterson dès mon arrivée, je connaissais bien Elizabeth, et elle me dit : « Don, ce n’est pas comme cela, j’avais la clé, mais Baba m’a envoyé un message pour donner la clé à... », puis elle dit, « je ne peux pas me rappeler qui c’était, mais j’ai donné la clé à la personne désignée par Baba, et ils sont allés au coffre et nous l’avons clos, donc je ne sais pas où se trouve le Livre. » Et quand j’ai raconté cela à Eruch, il a immédiatement répondu : « Seigneur, maintenant nous avons perdu le Livre. » Voilà l’histoire, directement d’Eruch.

MJ : [Inaudible sur la cassette]

DES : OK, maintenant vous racontez la suite, on recolle les morceaux de l’histoire.

MJ : Ce qui s’est passé, c’est qu’Eruch alors... quand cela est arrivé, il était dans un coffre de la Central Bank of India. Ils ont pu identifier les possesseurs du coffre...

DES : Oui.

MJ : Et heureusement qu’un Baba-lover était un cadre important de cette banque.

DES : Hmm, hmm.

MJ : Donc, on a tout d’abord cherché à savoir ce qui était arrivé au coffre. Il nous informa qu’à telle date, notre... peu importe, on avait eu accès au coffre, on avait retiré son contenu, puis le coffre a été fermé et rendu à la banque.

DES : Et il ne savait pas qui était la personne qui était venue ?

MJ : Je pense qu’ils savaient, car les noms sont enregistrés... Et c’était Ramjoo.

LW : Abdulla ?

MJ : Ramjoo Abdulla.

MJ : Alors...

DES : Alors qu’est-il arrivé à Ramjoo ? !

MJ : Je vais vous le dire. Donc ce qui s’est passé c’était que Baba était à Bombay, et Baba résidait chez Nariman, je pense que c’était, je ne me souviens plus de l’année, quelque part dans les années 60 je crois, et Baba était venu à Bombay pour la célébration de l’anniversaire de Nariman...

DES : Hm, hmm.

MJ : Il allait en général à Bombay pour contacter des mast. Alors Baba faisait une de ces visites à Bombay, et où qu’il aille, il résidait dans la maison de Nariman. C’est ce que Perviz Talati me dit.

DES : Hm, hmm.

MJ : A propos, Perviz est là donc vous pouvez obtenir l’histoire directement de sa bouche, parce qu’elle nous l’a racontée.

DES : Oui, on va essayer de le faire.

MJ : Vous connaissez Perviz Talati ?

DES : Je l’ai déjà rencontrée.

MJ : Elle dit qu’un jour Ramjoo Abdulla est venu à Bombay. A chaque fois qu’il venait, il allait chez eux pour y séjourner, il était très proche de la famille. Depuis le temps du père de Perviz [Navaroji], pendant l’époque de Nasik ; ils étaient donc de très vieux amis, et Ramjoo restait chez Dina Talati (l’épouse de Nawal) à chaque fois qu’il venait à Bombay.

DES : Hm, hmm.

MJ : En tout cas, donc... elle dit qu’à une de ces occasions, Ramjoo était venu à Bombay et était resté chez eux comme d’habitude. Puis un jour il partit de la maison et quand il est revenu il avait une sorte de gros paquet. Et il le mit sous son oreiller.

DES : Baba avait demandé à Eruch de me le montrer plusieurs années auparavant, quand nous étions dans la cabane d’Eruch, et il est allé vers une grande boîte en bois et l’en a sorti. Ce n’était pas un gros paquet, c’est plutôt un petit, attaché avec de la ficelle, de... [Don montre de ses mains la taille du paquet que Baba lui avait montré] de cette taille peut-être...

MJ : Oui, oui. Alors pourquoi ne l’avez-vous pas pris et ne vous êtes-vous pas enfui avec !

DES & LW : [Rient aux éclats.]

DES : Baba a dit, « Ce n’est pas le moment, peut-être à l’avenir ». Ce fut la fin de l’histoire. J’ai vu le paquet.

MJ : Oh, vous l’avez vu !

DES : Oui !

MJ : On ne nous a même pas permis de le regarder.

DES : Eh bien, c’était ça la taille de ce paquet et c’est important.

MJ : D’accord, vous le savez mieux que moi... En tout cas, Ramjoo a donc sorti cette chose et... il a apporté ce paquet, et il l’a gardé sous son oreiller. C’était le soir, et la mère de Perviz [Dina] et Perviz elle-même sont venues et ont discuté avec Ramjoo. Puis il fut l’heure de se coucher. Alors elles ont dit : «  Ramjoo, pourquoi gardez-vous ce paquet sous votre oreiller ? Cela doit être très inconfortable. Pourquoi ne le posez-vous pas sur... » et il a dit : « Non, non, il vaut mieux qu’il reste là. Cela ne me dérange pas, laissez-le simplement là. » C’est tout ce qu’il leur a dit. Elles n’ont donc pas continué la discussion. Le jour suivant, une voiture est venue, c’est ce qu’elle dit, c’était la voiture de Nariman. Et il... Ramjoo entra dans la voiture pour aller voir Baba. Baba était là, vous suivez ?

DES : Oui. Hm, hmm.

MJ : Car Nariman... [Inaudible sur la cassette.]

DES : Mais tout cela se passe cependant avant qu’il soit enlevé du coffre...

LW : Non.

DES : ... à Bombay.

LW : Non, Don...

MJ : Écoutez !

DES : Oui, mais vous avez dit que Baba... qu’il était là pour voir Baba... Oh, vous vouliez dire pour voir la tombe de Baba, ou quoi ?

LW : Non, non, non...

MJ : Non, non, cela se passait quand Baba rendait visite à Nariman...

DES : Oui.

MJ : Baba était chez Nariman. Il avait envoyé quelqu’un chercher Ramjoo.

DES : Oui, mais je dois mettre les choses au clair. Je pensais que vous m’aviez dit que les enregistrements du banquier disaient que c’était Ramjoo Abdulla qui avait enlevé le paquet de la banque, selon les instructions de Baba.

MJ : C’est ce que nous supposons.

DES : Oui.

MJ : Parce que je vais vous raconter ce qui a suivi...

DES : Poursuivez.

MJ : Donc voici ce qui s’est passé, Perviz me raconte ça, que Ramjoo avait dormi cette nuit-là avec ce paquet sous son oreiller...

DES : Sous son oreiller, le lendemain il prend la voiture...

MJ : Le lendemain, il prend le paquet avec lui, Baba avait envoyé une voiture pour le chercher, il s’en va et rend visite à Baba. Et après avoir vu Baba il revient sans le paquet à la main.

DES : Hmm.

MJ : Mais dans... pendant ce temps... plus tard, ce jour-là, il a dit à Perviz et Dina Talati : « Savez-vous ce qu’était ce paquet ? ». Elles dirent : « Non ». [Puis Ramjoo a répondu :] « Et bien, c’était le Livre », c’est ce qu’il a dit.

DES : Et il l’avait remis à Baba...

MJ : Et c’est ce qui s’est passé, il a dit : « Je l’ai remis à Baba ». [Suit un commentaire inaudible de Meherwan]

LW : En quelle année c’était ?

MJ : [Meherwan inaudible, puis] Je ne m’en souviens pas...

LW : En quelle année Ramjoo est-il décédé ?

MJ : Il est décédé en 66...

LW : OK, donc Don...

DES : Hmm ?

LW : Est-ce que vous comprenez?

DES : Ouais.

LW : C’est troublant...

DES : Oui, maintenant les choses sont claires...

MJ : Cela s’est passé quand Baba était là...

DES : Alors Elizabeth Patterson ne savait en 69 même pas ça... [bruit fort en arrière-fond]... Elle le savait pourtant, elle le savait, mais je pensais que cela impliquait qu’il avait été retiré et emporté...

MJ : Oui.

DES : ... Très peu de temps avant que Baba quitte son corps... donc ceci s’est passé très longtemps avant que le livre disparaisse...

MJ : Oui.

DES : Et le dernier qui sache est allé dans les mains de Baba.

MJ : Il est allé dans les mains de Baba, et quand Baba a dû prendre [le Livre N.d.T.] de Ramjoo il se peut qu’il n’y ait eu personne d’autre présent. Et puis ce que Baba a fait du livre...

DES : Personne ne le sait, il disparaît là... OK, donc tout ceci se passe trois ans plus tôt que ce que je pensais.

LW : Au moins, parce que Ramjoo est décédé en 66 et c’était probablement bien avant ça.

DES : Oui.

MJ : Donc, cela peut être lié à [inaudible] puis Baba doit l’avoir gardé, ou apporté ici, nous ne connaissons pas, autant que nous le sachions, d’autre piste par la suite.

DES : Il se peut que je l’aie vu dans la cabane d’Eruch après qu’il a été retiré de la banque à Bombay. Donc il se peut que je sois une des dernières personnes.

MJ : Vous ne l’avez pas confirmé avec Eruch à nouveau ?

DES : Non, non...

MJ : Pourquoi pas ?

DES : Non, non, j’ai simplement dit à Eruch qu’Elizabeth disait que... Et bien, c’est très confus.

MJ : [Riant] Et oui, c’est ce que Baba a fait, il a mis tout un voile de confusion parmi tout le monde et dans tout cela le Livre a disparu...

LW : Vous voyez, Baba est l’Espion Maître.

MJ : Oui...

LW : Il sait garder le plus parfait des secrets.

MJ : Oui, et bien, en semant la confusion chez les gens.

[Tous rient fortement]

DES : Il y a quelques « fausses pistes[2] », comme on dit en français, dans ce secret.

MJ : En tous cas...

Flint Mednick (FM) : Le barbier est là, il s’est cassé la jambe !

MJ : Qui ?

DES : Il s’est cassé la jambe ?

FM : Il s’est cassé la jambe et il est couché par terre...

[Discussion pour savoir ce qu’il faut faire pour aider le barbier.]

Nous reprenons l'interview de Meherwan alors qu'il explique qu'Eruch a confié le soin à Rhoda Dubash de taper à la machine un manuscrit dont personne ne semble connaître l'origine. L'écriture de celui-ci n'est pas celle de Baba. Cependant, Eruch sent qu'il est digne d'être dactylographié car il semble avoir été dicté à un certain moment par Meher Baba Bien-aimé, tout cela n'étant pas clair. Eruch a choisi Rhoda comme dactylo qui est ainsi devenue la première éditrice de l'œuvre.

MJ : [Rhoda Dubash] a fait quelques corrections ici et là car il y avait des fautes d’orthographe et d’autres problèmes. Voilà ce qu’elle a fait comme corrections. Mais le problème, c’est qu’il y avait beaucoup de goudjarati dedans.

DES : Hmm.

MJ : Du goudjarati manuscrit, car il n’y avait pas de...

DES : ... Touches...

MJ : ... De touches goudjaraties sur la machine à écrire. Elle a donc laissé des blancs puis les a méticuleusement remplis en goudjarati. Nous avons donc l’intégralité de tout cela dans la version tapée. Cela a duré quelques années, Rhoda a laissé du temps à Eruch, puis enfin le travail a été achevé. Après que la copie a été entièrement terminée, Eruch lui a demandé de relier le tout, ce qu’elle a fait en trois exemplaires. Puis Eruch les a conservés tels quels. Plus tard, quand j’ai commencé à venir, Eruch me dit, « Maintenant que tu as un mois de vacances, relis tout cela, ce que je t’ai montré, tu te souviens ? » J’ai dit, « Oui. » Il a dit c’est acceptable maintenant... c’est bien tapé. Essaie donc de faire quelque chose et vois s’il y a du neuf là-dedans. J’ai donc relu tout le manuscrit et fait des corrections préliminaires. Et je lui dis, « Eruch, voici mon travail ; qu’est-ce que je fais maintenant ? » Il répond, « Est-ce que tu a trouvé quelque chose de nouveau ? » Je lui ai dit alors : « A peu près tout est nouveau. Veux-tu que je te le lise ? » Je me suis donc mis à lire. J’ai commencé les toutes premières phrases, puis il m’a dit : « Ça suffit, on verra plus tard. » Donc...

DES : Eruch est encore et toujours occupé.

MJ : Très occupé ! Il était de plus en plus débordé, avec... Il n’avait pas de vacances, ils travaillaient sept jours sur sept, douze heures par jour...

DES : Ce cher Eruch !

MJ : C’était donc resté en l’état. Bon, donc, on en était resté là, je suis revenu, puis par la suite je suis venu m’installer ici. Je m’emmêle un peu en ce qui concerne l’ordre des événements. Je veux dire que je l’ai faite après que je me suis installé, l’édition...

LW : Mais Eruch était encore...

MJ : ... Oui... Encore en train de relire l’un des travaux de Rhoda. Je passe donc mon temps à lui dire, « Eruch, j’ai fait ce travail d’édition, est-ce que tu penses qu’on doive le publier ? » Il me répond; « Est-ce qu’il quelque chose de neuf ? » Je dis, « C’est quelque chose d’assez différent et il y a des points qui portent à controverse. » Il me répond, « OK, OK, nous verrons cela plus tard. » Il continuait donc à le laisser de côté, et puis un jour, enfin, très récemment, dans les années 90, j’ai dit, « Eruch, il est temps que nous fassions quelque chose là-dessus pendant que vous autres êtes dans les parages, que nous le sortions car certains d'entre vous pourraient donner leur opinion là-dessus. » Il a alors répondu : « Si ce n’est pas trop sujet à controverse, alors fais-le. » Puis j’ai dit : « Ward est ici en ce moment. » Ward est professeur d’anglais.

DES : Magnifique.

MJ : Alors, il dit, « OK, vas-y. » J’ai donc fait une demande au comité de publication. Nous avions créé à cette époque le comité de publication de l’Avatar Meher Baba Trust. Nous leur avons donc dit : « Voici ce que nous avons, est-ce que cela vous convient ? » Ils ont répondu, « OK, cela nous est égal. » On avait donc le feu vert et Ward et moi avons commencé l’édition. Entretemps, Bhau était allé en Occident. J’ai donc écrit à Bhau une lettre qui disait : Voici le travail que nous faisons ; j’aimerais vous le montrer quand vous rentrerez. » Et nous n’avions pas beaucoup avancé quand Bhau est revenu. Il a dit, quand il est arrivé : « C’était quoi, le travail dont tu parlais ? » J’ai donc sorti ces livres, et il a dit : « Je les emmène à mon bureau et je verrai. » Il a pris les livres[3] chez lui. Puis il revient une semaine plus tard et dit : « Meherwan, c’est un miracle ! C’est 100 % du livre que Baba a écrit. Tous les points y sont là, en entier, et ce que j’avais[4] n'en était que 10 %. C'est Le Livre." Et je ne savais rien. Et voilà ce que nous avons. Alors il dit, "Très bien... "

LW : Bhau l'a dit.

MJ : Oui. Ainsi, pendant un an, il a cessé toute correspondance. Il s'est passé un an pendant lequel il n'a pas correspondu.

DES : Je me souvenais de cela, mais je n'en connaissais pas la raison.

MJ : Il était concentré à son bureau... et, avec Ward et lui à travailler ensemble, ils parcouraient à toute vitesse le manuscrit entier, Ward s'arrachait les cheveux, il disait "Non, vous ne pouvez pas faire ça". Il disait, "Je vous assure..." A peine l'avaient-ils relu et corrigé qu'ils ont laissé tomber tout ça... puis ensuite il m'a confié le tout.

DES : Oh.

MJ : Et Bhau m'a dit "Maintenant tu revois ça". J'ai dit, "Bhau, ceci a besoin d'être correctement relu et édité." Alors il m'a dit "D'accord". Puis il m'a laissé Ward m'assister. Et Ward et moi nous sommes peut-être restés trois-quatre ans à nous arracher les cheveux pour rendre ce texte présentable.

DES : Y avait-il d'autres discussions entre vous pour savoir si c'était "Le Livre" ou non ?

MJ : C'est, euh... (un gros bruit et une voix derrière.) Donc Eruch,... Bon, où en étais-je ?

DES : Euh, toi et, je crois...

MJ : Oui... et Bhau était très... J'avais fini le tout en trois ou quatre mois, et cela fait maintenant sept ans, (et Bhau m'a demandé) "Qu'est-ce que tu fais de tout cela ?" Et j'ai répondu, "Bhau, cela a besoin de phrases structurées". Le livre n'a parfois pas de saut de ligne, parfois une seule phrase court sur une page entière.

DES : On dirait du Eruch.

MJ : Ah bon ?

DES : Quand j'éditais Dieu Parle, la syntaxe d'Eruch, parfois c'était un très long paragraphe.

MJ : C'est long parfois. Le pire, c'était qu'il y avait des parenthèses... dans ces phrases. Et dans ces parenthèses il y avait des parenthèses, et le mot était au tout début, et après toutes les parenthèses la fin de la phrase se trouvait tout en bas. Et si on laissait cela aux lecteurs, ils auraient manqué la fin de la phrase...

DES : C'est sûr, et se seraient endormis.

MJ : Il n'y avait pas de division du texte, pas de corrections, juste du texte brut...

DES : Du matériau brut.

MJ: C'était le style de Baba. Nous étions en train de travailler là-dessus, quand un beau jour Janet, très curieuse, nous a demandé : « Qu'est-ce que vous faites tous les deux ? »

Laurent Weichberger (LW): Janet Judson ?

MJ: Exactement. Je lui ai répondu que nous travaillions sur ces vieux discours qui venaient d'une oeuvre de Baba des années 20 et 30, à ce qu'il semblait. Alors elle a dit : « Oh, vous savez que dans les archives de Mani il y a... il y a quelques pages de la main de Baba. Cela vous dirait de les voir ? » J'ai répondu : « Je ne sais pas, montre-les moi donc. » Elle en a donc apporté une photocopie. Et... cela avait un grand rapport avec ce que nous faisions. J'ai donc dit : « Oui, oui, j'aimerais bien avoir cette copie ». Alors elle a dit : « OK, prends-la. »

LW: Le même matériau qui est devenu In God's Hands ?

MJ: Non.

LW: Le livre In God's Hands... La même chose ?

MJ: Tout à fait. In God's Hands.

LW: Le même matériau.

MJ: Le même matériau. C'était...

DES: C'était ce que Janet avait apporté.

MJ: Oui. J'ai donc dit : « Où est l'original, quelle est l'auteur ? Elle m'a alors donné l'original. Alors, ce que nous avons trouvé, c'est que dans la dernière partie de ce que nous étions en train de corriger, se trouvaient ces pages.

LW: Oh, elles ont donc été écrites après.

MJ: Hein ?

LW: Ces livres ont dû avoir été écrits après ces pages manuscrites.

DES: Oui.

MJ: Oui, donc certaines phrases ont été basiquement reproduites, d'autres sont corrigées, d'une manière extrêmement contrastée. Et... tout se trouvait dans la dernière partie du livre, qui était la série quinze. Il y a quinze séries dans ce livre. Donc dans la dernière série, cette partie du texte par Baba, les 39 pages manuscrites de la main de Baba, ont été incorporées. Ainsi donc...

DES: Les deux écritures sont différentes, le long manuscrit a un type d'écriture, et les trente-neuf pages de Baba sont clairement de la main de Baba.

MJ: Il y a une feuille écrite à la main qui dit... c'est de la main de Dieu...

LW: Je l'ai vue.

'MJ: Elle dit que ces pages manuscrites sont de Baba et datent des années vingt. Donc, avec ceci nous avons eu l'auteur de ces deux livres. Il n'y a pas de début, et cela s'arrête d'un coup.

DES: Ouais.

MJ: Voilà donc l'histoire de ce manuscrit. Nous n'en connaissons pas l'origine, nous ne savons pas où c'était, quand c'était...

LW: Dans le texte, je pense que vous avez déjà parcouru le texte en entier...

MJ: Oui.

LW: Est-ce que le mot « Meher Baba » apparaît quelque part dans le texte ?

MJ: Jamais. Non, non. Sauf à un endroit où le pronom personnel « je » ou autre est écrit.

LW: Ah.

MJ: Autrement, c'est une sorte de narration à la troisième personne.

LW: Mais pas de « Meher »... pas de « Baba ».

MJ: Oh, non, non, non. Pas de mention d'auteur. Pas de titre, pas de fin, pas de début, pas de date.

LW: Eternel.

MJ: Oui.

DES: Très, très bonne histoire et très complète. Je suis content de connaître cela.

MJ: Alors, maintenant ce livre a finalement été édité, nous l'avons revu trois ou quatre fois, et les traductions nous ont donné des maux de tête à n'en plus finir, à cause des nuances qu'on présente en Anglais, et tous les termes Gujaratis qui étaient extrêmement difficiles. Nous avons essayé de faire ce qui était de mieux. Enfin, nous avons été transparents avec... comment dit-on, ce que nous avons édité,... le texte.

LW: Une petite question si je peux, Don.

MJ: Oui, vas-y.

LW: Quand Ward et vous avez fait les quatre années d'édition...

MJ: Oui.

LW: Est-ce que vous avez commencé avec la version qui avait été tapée par Roshan avec Bal Natu ou avec celle qui avait déjà été éditée par Bhau Kalchuri ?

MJ: Les deux. Nous avions les deux... versions avec nous, sur le côté, et nous avions l'original.

LW: OK, vous aviez donc les deux.

MJ: Les deux. Juste pour dire le genre de travail... c'était d'une grande aide, car cela a éclairé nombre de problèmes. Et Ward, à sa manière, l'avait simplifié un petit peu. C'était beaucoup plus facile... d'avoir les deux ensemble. Et nous faisions toujours les révisions avec le texte principal d'un côté, et l'autre texte. Mais, vous savez... quand j'étais en train de faire cela, et que nous n'avions pas encore l'original à disposition, nous pensions qu'il pouvait y avoir quelques erreurs commises par Rhoda, qui sait ? Alors nous avons donné le manuscrit original à Eric pour qu'il le scanne avec son ordinateur.

LW: Nadel.

MJ: Oui, Eric Nadel. Donc il a été scanné, nous avions les scans de l'original, à partir desquels nous avons fait le travail direct.

DES: Où en est la discussion sur « C'est le Livre, ou ce n'est pas le livre ? »

MJ: Le seul indice que nous ayions, c'est que Baba nous disait de temps à autre au Mandali Hall, à Guruprasad, ou ici, que ce qu'il nous donnait n'est que dix pour cents des points. Donc ce que dit Bhau est tout-à-fait... Donc, nous ne savons pas si c'est le livre ou non, si c'est exactement ce qu'il s'est passé, c'est à vous de le décider, quoi qu ce soit. Et nous avons fait tout cela dans la transparence et la clarté, dans notre sorte de long essai qui a été rédigé par Ward. Tous les détails qui expliquent comment le manuscrit est apparu.

DES: Ce que je peux dire avec certitude, c'est que j'ai mis un point d'honneur à lire avec précaution la trentaine de pages qui sont écrites de la main de Baba, mais il m'est tout à fait apparent que le style de Baba de cette époque de sa vie est très différent du style...

MJ: C'est juste.

DES: des années 50 ou 60. Cela, je le sais de ma propre expérience avec Baba.

MJ: Il voyageait à ce moment-là.

DES: Donc, si c'était le Livre de Baba, si c'est le Livre, alors son style est largement différent que celui de Dieu parle.

MJ:: C'est un angle différent du même livre. C'est le même genre de répétition. Des pages et pages de répétitions. A tel point qu'on arrive à « Noir est noir est noir. Cela en devient si redondant et si répétitif qu'il nous était difficile de le répéter comme cela. Donc Ward a essayé de le polir autant qu'il le pouvait, tout en utilisant les mêmes mots que ceux que Baba utilisait. Pour amener le point à son but, en quelque sorte.

DES: Il est presque certain, à cause du fait que ce que vous avez vu dans le manuscrit de Baba est répété dans le long manuscrit, que le long manuscrit est de Baba.

LW: Bien sûr que cela l'est. Le... de ce texte, personne exceptée celle qui connaît la matière pourrait le faire.

DES: Je ne veux qu'offrir ma propre appréciation, car, quand je suis allé en profondeur à travers les trente pages, je me suis dit cela ne peut pas être le Livre qui est manquant. Mais c'est mon propre point de vue personnel.

LW: Puis-je poser une question ?

DES: Oh, bien sûr.

LW: Si Baba avait répété les mêmes mots toujours à travers le texte entier...

MJ: Pas à travers tout le texte, des phrases se suivaient.

LW: Non, mais vous dites qu'il n'y a pas de répétition.

MJ: Oui.

LW: Je sais que Baba utilise la répétition car vous pouvez voir cela dans Dieu parle et dans d'autres endroits.

MJ: Et dans de nombreux chapitres, cela gardait, oui...

LW: Et, si Baba avait choisi d'utiliser des mots qui se répétaient comme cela, qui pourrait permettre à Ward de changer ces mots ? Si Baba avait choisi ces mots, pourquoi ne pas les utiliser ?

MJ: Nous n'avons pas changé les mots, nous les avons juste présentés de manière présentable. Ce que nous avons fait, c'est que le texte entier sera disponible sur internet[5].

LW:Oh, bien.

MJ: Donc, les gens qui n'ont pas été satisfaits par l'édition peuvent y accéder facilement.

DES: C'est-à-dire, « qu'ils aillent au dible, ces éditeurs ».

MJ: Oui, ils peuvent pisser sur nos tombes. (rires). Si jamais nous avons des tombes. Car qui sommes-nous donc pour éditer ce que Baba...

DES: Baba avait demandé à Ivy et moi de faire Dieu parle. Je dois dire que les deux-trois premiers mois après la publication, il y avait quelques critiques plutôt désapprobatrices...

MJ: Oui, nous nous attendons à beaucoup de ce genre de choses quand cela sortira. C'est allé à [Sheriar Press]...

DES: Oh, c'est allé si loin maintenant.

MJ: Oui, il y a encore du travail à faire, nous y sommes encore, c'est comme cela.

DES: Eh bien, je dois dire, vous nous avez donné matière à entendre. Je l'apprécie, Meherwan. Ce sont des choses importantes et d'enregistrer comment c'est sorti. Cela sera extrêmement important à l'avenir.

MJ: C'est certainement un angle complètemement différent.

LW: Je ne peux pas attendre. J'aime la controverse.

MJ: Et tout cela, c'est très intellectuel. C'est tout la pensée dans l'esprit.

DES: L'esprit de Baba est certainement le meilleur que j'ai rencontré dans ma vie.

MJ: Le meilleur esprit.

DES: Le meilleur esprit. Le meilleur, le meilleur.

LW: Le sien était stoppé[6].

MJ: L'esprit stoppé. C'est ce à quoi nous sommes confrontés. Avec nos esprits extrêmement rapides, nous sommes confrontés avec ce grand mur d'esprit stoppé. Et puis nous sommes complètement...

DES:' préoccupés par cela.

MJ:. complètement lessivés.

DES: Hmmm, oui. Oui, oui. Vous vouliez nous amener à ces pages manuscrites ?

MJ: Bien sûr.

DES: Bien.

MJ: Quelle heure est-il ?

DES {à Meherwan}: Et bien, il est 12h30 et je m'inquiète pour le déjeuner.

{Meherwan emmena Don et Laurent à la cabane d'Eruch, à côté du Mandali Hall à Meherazad. Il avait une boîte en plastique qui contenait le manuscrit, écrit par un scribe inconnu, qu'ils avaient édité sous la forme d'un livre et qui maintenant est publié sous le titre « Infinite Intelligence » (Sheriar Foundation, 2005). Nous reprenons cette transcription tandis que nous sommes chez Eruch à ouvrir la boîte.}

LW: Attendez, est-ce que c'est la boîte dans laquelle vous avez trouvé le manuscrit ?

DES: Non, et je dirais, Meherwan, que la base du paquet ne peut pas avoir été plus longue que ça, pas plus large que ça, et pas plus haute que ça.

MJ: Cela doit être ça... car B a dit qu'il avait l'habitude de donner les feuilles à Baba, fournir l'encre, quand Baba écrivait...

LW Dans la Cabine-Table.

MJ: C'est ça.

LW: A Meherabad.

MJ: C'est ça.

DES: Qu'est-ce qu'on fait, on l'étale un instant sur le lit d'Eruch ?

MJ: C'est l'original. J'aimerais l'ouvrir parce que ça a...

LW: Est-ce que cela a la taille de ce dans quoi cela a été enveloppé à l'origine ?

DES: Oh, non, c'était beaucoup plus petit, en largeur comme en longueur.

MJ: Cela pourrait être l'écriture de Baba, mais cela ne l'est pas. Vous voyez, voilà comment commence le livre... Voilà la première page du livre... Voilà l'écriture. Et voici les schémas et tout. Cela commence seulement par Série un et continue ainsi. Ces pages sont numérotées en série. Et l'écriture est très soignée, il y a des notes dans la marge. Ainsi de suite, cela continue.

DES: Très soigné.

MJ: Oui, cela continue page après page.

DES: Pratiquement aucune correction.

MJ: Oui. Voici donc l'original...

DES: J'aimerais beaucoup le voir, merci beaucoup Meherwan.

MJ: C'est la seconde partie... La numérotation continue ici, jusqu'à, je crois, 211 ou 212 pages manuscrites. Des numéros de pages écrits à la main. Puis nous environ 60 pages blanches. Rien.

LW: A la fin.

MJ: Au milieu.

LW et DES: Au milieu ?

DES: Intéressant.

MJ: Nous croyions que c'était la fin du texte. Puis nous avons vu qu'il y avait encore de l'écriture à la fin. Il y avait encore 44 pages qui suivaient après ces pages blanches. Et dans ces 44 pages se trouvent...

LW: Les trente-sept pages de In God's Hand.

MJ: Les neuf pages de In God's Hand. Et la personne qui a écrit ceci a aussi écrit cela, ce sont les mêmes lettres. Mais c'est devenu si fragile que l'ouvrir...

DES: Oh, n'essaie pas...

MJ: ... La même chose.Mais la taille des lettres au début sont les grandes... mais les mêmes lignes... semblent continuer.

DES: Oh, c'est merveilleux. Je l'apprécie beaucoup.

LW: Donc le livre de Sheriar sortirait peut-être l'année prochaine ?

MJ: Ils veulent le publier cette année.

LW: Oh, bien.

MJ: Mais on en est au... Cela va prendre du temps et peut-être que cela ne sera pas sorti à la fin de l'année.

DES: C'est beaucoup de travail.

MJ: A lire et corriger. {Puis, en montrant Don}: Il sait combien c'est difficile...

DES: Le Petit Ours[7], le sait aussi. Le Petit Ours a fait ce genre de travail, la correction d'épreuves, le travail avec l'éditeur.

LW: J'ai fait mon premier livre pour Baba... Cela vient d'être publié.

MJ: Oh, je vois, c'est bien.

DES: Voici l'éditeur de la nouvelle version revue et augmentée de God in A Pill ? {Maintenant titrée A Mirage Will Never Quench Your Thirst (Sheriar Foundation, 2003)}.

MJ: Ah ah, c'est super.

DES: Eh bien merci Meherwan, j'apprécie vraiment beaucoup. Alors peut-être qu'on va aller s'asseoir sur un banc et prendre un bout de déjeuner...

Don Stevens & Laurent Weichberger


Traduit par Jean Gousseff.


  1. Intelligence Infinie, non publié en français à ce jour. N.d.T.
  2. En français dans le texte N.d.T.
  3. Note : L’expression « les livres » signifie le manuscrit original qui devint le livre qui vient d’être publié par Sheriar Foundation, est qui est intitulé Infinite Intelligence.
  4. Note : La citation de Bhau parlant de ces points et du fait que nous n’en avions que 10 % fait référence aux points que Meher Baba a dictés à Bhau à la fin des années 60 pour un livre intitulé The Nothing and The Everything, que Bhau a effectivement écrit et publié en se basant sur ces points-là.
  5. NdT Il est disponible maintenant sur le site du Trust
  6. NdT jeu de mots entre top, meilleur, et stopped, stoppé
  7. « Little Bear », le surnom de Laurent





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